Vous interrogez l’IAD. En plus de vous répondre, nous publions vos questions (y compris celles qui dérangent) et nos réponses.

Quelles sont les meilleures espèces pour le semis d'un couvert végétal ?
L’IAD est régulièrement interrogé sur la question des espèces présentes dans les couverts végétaux. Si l’IAD peut répondre en suggérant une méthode de réflexion, il ne répondra pas pour autant directement aux attentes de ceux qui la posent.
La bonne pratique est, en effet, de se demander pourquoi on envisage de semer un couvert végétal, comment et pour quelle finalité :
  • destination des couverts (auto-consommation animale, exportation, restitution partielle ou totale au sol)
  • simple CIPAN pour répondre à des obligations réglementaires
  • besoin d’une forte biomasse pour la production d’énergie
  • besoin protéique pour l’autonomie alimentaire du bétail
  • besoin d’azote symbiotique (fabacées)
  • besoin de restauration des sols (carbone, biomasse, biodiversité)
Evidemment, la date de semis ainsi que la durée de ce couvert végétal avant destruction sont déterminantes. Tout comme le sont les moyens de destruction que vous envisagez :
  • physiques, avec des plantes gélives sur les semis d’automne
  • mécaniques, simple roulage ou enfouissement
  • chimiques
Il faut également prendre en compte d’autres caractéristiques des plantes en réponse aux besoins de votre sol :
  • type de racine en relation avec la structure du sol (pivotante, fascisulée, traçante,…)
  • potentiel d’oxydo-réduction des plantes associé au pH du sol
  • … Sans oublier de prendre en compte la texture de votre sol, ainsi que le contexte pédoclimatique
En répondant à ces questions, vous commencerez vous-même à avoir une meilleure idée des espèces à privilégier dans vos couverts végétaux.
Comment être crédible et cohérent en préconisant la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires en étant en partenariat avec des grands noms de l'agrochimie ?

Une telle formulation sans détour appelle donc des réponses directes et précises. Elles sont de plusieurs ordres :

1 – En termes d’influence au sein de l’IAD tout d’abord.

  • Strictement aucune des entreprises membres de l’IAD ne dispose de plus de 12% des droits de vote de l’IAD SAS. 7% en ce qui concerne Monsanto et Syngenta
  • Seuls OCI Agro et Syngenta sont administrateurs minoritaires. Les autres n’ont pas de siège au Conseil d’administration.
  • En outre, les statuts imposent de façon absolue que l’IAD soit dirigé et présidé par des agriculteurs
  • De plus, une clause spécifique des statuts exige que le CA comporte 2 administrateurs du Collège C (agriculteurs) de plus que le nombre d’administrateurs élus au sein du Collège B (entreprises)
  • Enfin l’expression des membres de l’IAD est strictement orientée vers l’ACS (cf l’objet social de l’IAD)

2 – S’agissant de la plateforme indiciades.fr, elle ne comporte aucun biais idéologique.

Les résultats sont des résultats mesurables et donc indépendants des entreprises membres de l’IAD. Cela témoigne de l’esprit des travaux de l’IAD.

3 – Sur le fond, la présence des sociétés  de l’industrie agrochimique répond à un principe constitutif de l’IAD qui repose sur l’idée suivante :

  • On ne peut pas laisser les agriculteurs prendre seuls l’entière responsabilité de la transition agroécologique et d’en assumer tous les risques économiques et financiers.
  • Il faut impliquer dans cette transition l’ensemble des acteurs amont de la production agricole : machinisme, génétique, fertilisation, sciences du sol et agronomie,… A ce stade, le tour de table s’est concentré sur les besoins en génétique générés par ces pratiques agricoles, et non sur la chimie.
  • L’apport de tous ceux qui contribuent à la production agricole est indispensable pour permettre le changement. On peut en effet parler d’agriculture sans évoquer ces acteurs-là. Ce serait être aveugle ou se mentir à soi-même.

Il y a toujours 2 façons d’accompagner le changement : être en opposition depuis l’extérieur OU travailler au changement en se plaçant au sein du système. Les 2 positionnements sont complémentaires. L’IAD estime que plutôt de chercher des oppositions, il convient de privilégier les objectifs et contraindre ces entreprises à regarder vers l’agriculture du vivant.

L’IAD depuis sa création a mis en oeuvre de façon concrète cette philosophie. Son objectif est de fédérer plutôt que d’exclure.

En 10 ans de travail de conviction et d’action pour l’innovation et le changement agroécologique, l’IAD figure parmi les fondateurs :

  • du programme Agr’Eau (avec l’AFAF). Les résultats de ce programme sont consultables sur le site www.agroforesterie.fr
  • du projet Pour une Agriculture du Vivant
  • …parmi d’autres.

Les résultats du programme Agr’Eau sont probablement la meilleure réponse sur l’indépendance que l’IAD peut avoir vis-à-vis de ses membres.

Dans une société de la communication où les mots remplacent très souvent les idées, l’IAD a choisi de mesurer publiquement des résultats plutôt que de rester dans la bonne parole sans preuves.